Créé en 2002, le Conseil National des Organisations de la Société Civile Guinéenne regroupe l’ensemble des organisations modernes et traditionnelles, apolitiques et non gouvernementales, ayant un objectif commun, œuvrant pour le développement socio-économique, politique et culturel en vue de promouvoir une paix durable et une démocratie effective en Guinée, agissant conformément aux lois et règlements en vigueur

lundi 28 mars 2011

Déclaration de Kindia

Des représentants du Mouvement Social Guinéen se sont réunis en séminaire à Kindia du 21 au 23 janvier 2011 afin d'examiner la situation sociale et politique du pays. A l'issue de leurs travaux, ils ont élaboré un Cahier de Propositions Citoyennes à remettre au Chef de l'Etat, assorti d'une déclaration commune

Mouvement Social Guinéen
(CNOSCG-INTER CENTRALE-INTER SYNDICALE-CPEG)
DECLARATION N°2

La République de Guinée, par l’élection réussie du 7 Novembre 2010 sanctionnée par des résultats acceptés, vient de franchir une étape décisive de son retour à l’ordre constitutionnel.
C’est le fruit d’un combat au prix de lourds sacrifices humains et matériels, mené par le peuple tout entier à travers le mouvement social et la classe politique guinéenne pour un changement profond dans la gouvernance démocratique et politique de notre pays.
Pour mémoire, le Mouvement Social Guinéen (Inter-centrale Syndicale, CNOSCG, CPEG) dans ces étapes difficiles et décisives a:
-          Conduit les grèves de décembre 2005, juin 2006, et mené les mouvements de protestation de janvier et février 2007 ;
-          Contribué à la naissance,  à la structuration et au fonctionnement du Forum des Forces Vives qui a consacré l’union du Mouvement Social et de la classe politique pour le combat  en vue de l’instauration de la démocratie en Guinée.
Aujourd’hui, le Mouvement Social Guinéen constate avec satisfaction l’installation du premier Président démocratiquement élu du pays et suit avec intérêt  ses premières actions entamées par la formation du gouvernement.
A l’heure des premiers pas de ce gouvernement, il apparait pour le Mouvement Social Guinéen, que :
-          Aucun acte concret visant à ressouder le tissu social fortement ébranlé par les récentes joutes politiques n’a été observé à ce jour ;
-          Aucune déclaration forte ou engagement n’ont été entendus montrant un souci de mener rapidement le processus électoral  à son achèvement: élections législatives, communales, communautaires et locales ;
-          Le discours d’orientation du gouvernement déclinant les actions de mise en œuvre du programme du candidat élu se fait attendre ;
-          Aucune action vigoureuse en adéquation avec la situation économique catastrophique n’a été annoncée à ce jour, notamment face à la dégradation vertigineuse de la monnaie, la flambée des prix, la faiblesse du pouvoir d’achat ;
-          Les multiples troubles sociaux constatés à l’intérieur du pays notamment à Boké, Fria et Beyla montrent une fragilité de la situation sociale;
-          La persistance et la prolifération des barrages routiers accentuent les tracasseries, les brutalités et les abus ;
L’absence de ces mesures de nature à mobiliser les citoyens dans l’objectif du changement profond attendu, constitue une inquiétude quant aux priorités définies face à l’état de délabrement avancé du pays.
A cet effet, le Mouvement Social Guinéen propose aux nouvelles autorités :
-          La mise en place immédiate d’un programme inclusif de réconciliation nationale, basé sur la création de la « Commission Vérité, Justice et Réconciliation » annoncée par le chef de l’Etat, impliquant les acteurs majeurs de la nation ;
-          La restructuration profonde de la CENI ;
-          La publication rapide d’un chronogramme précis sur le parachèvement des échéances électorales (législatives, communales, communautaires, locales) ;
-          La gestion des troubles sociaux basée sur la volonté de rompre avec les brutalités passées des forces de l’ordre ;
-          La suppression immédiate des barrages routiers sur toute l’étendue du territoire national ;
-          La conduite résolue du processus de réforme profonde des Forces de Défense et de Sécurité, avec une poursuite dynamique du casernement des militaires.
Pour mener à bien ces actions, avec l’adhésion de l’ensemble des populations, le Mouvement Social Guinéen recommande :
-          Une action constante de préservation de la paix, de la cohésion et de l’unité nationale.
-          La refondation de l’Etat  par une application scrupuleuse des dispositions de la constitution relatives à la nomination des hauts cadres de l’administration centrale et territoriale ;
-          L’organisation transparente, dans les délais prescrits par la constitution des élections législatives, communales, communautaires et locales.
Le Mouvement Social Guinéen, comme force de propositions, a élaboré un « cahier de propositions citoyennes » à l’attention de Monsieur le Président de la République.
Les acteurs du Mouvement Social Guinéen attachent du prix à la prise en compte de ces propositions dont la mise en œuvre permettra de donner l’espoir aux citoyens et d’instaurer la confiance entre l’Etat et les populations en vue d’engager un développement durable dans la cohésion et la paix.

ENSEMBLE MOBILISONS NOUS POUR LE CHANGEMENT DANS LA PAIX ;
Kindia le 23 Janvier 2011

Atelier national de capitalisation des pratiques et expériences des conseils locaux des organisations de la société civile en matière de prévention et gestion des conflits

L’atelier national de capitalisation des pratiques et expériences des  conseils locaux des organisations de la société civile en matière de prévention et gestion des conflits locaux a eu lieu le vendredi 07 et samedi 8 janvier 2011 dans la salle du 28 septembre du Palais du peuple à Conakry.

Les objectifs visés étaient :

  1. Présenter les résultats des études menées sur les pratiques et expériences relatives à la prévention et la gestion des conflits dans les huit régions administratives;
  2. Poursuivre le processus de capitalisation à partir des études réalisées, notamment en vue de l’élaboration d’un Plan National de Médiation ;
  3. Initier un débat sur la création du poste de médiateur et la prise en compte des pratiques locales dans les politiques publiques.

Placé sous la présidence d'honneur du Médiateur de la République, l'atelier a vu la participation de responsables des institutions de la République, de la Coopération Française, du Comité Français pour la Solidarité Internationale (CFSI), des acteurs au développement et des réseaux affiliés au CNOSCG, ainsi que les CROSC/CPOSC/CCOSC.

Déclaration de Conakry

Réunies au Palais du Peuple à Conakry, du 9 au 11 décembre 2010, dans le cadre du Forum International des Sociétés Civiles organisé par le Conseil National des Organisations de la Société Civile Guinéenne (CNOSCG), les Organisations des Sociétés Civiles de l’Algérie, du Burundi, du Cameroun, du Congo, de la Côte d’Ivoire, de la France, du Maroc, du Sénégal et du Togo ont procédé à un large tour d’horizon sur leurs expériences respectives et ont abouti à un certain nombre de constats.
1.   Ces dernières années ont consacré la légitimité d’action des organisations de la société civile dans la gouvernance démocratique de nos différents pays et elles contribuent, de plus en plus, à la coproduction des politiques publiques de développement.
2.   Dans la recherche d’un développement harmonieux, durable et équitable, nos différents Etats sont confrontés à de nombreux défis :
§  Les impératifs de gestion transparente et équitable des ressources.
§  L’exigence d’un état de droit et le respect des libertés collectives et individuelles de nos pays, notamment affirmés par la communauté internationale et l’Union Africaine.
§  Le besoin de démocratie et de bien-être exprimé par les citoyens à travers le continent et qui s’est traduit, ces dernières années, par la tenue d’élections dans de nombreux pays.
Les organisations de la Société Civile apportent une contribution significative dans le relèvement de ces défis, notamment par l’implication de plus en plus forte des populations dans les élections, dans la veille et le contrôle citoyen des processus démocratiques et de développement.
Ce forum se tient dans un contexte ouest africain particulièrement marqué par les évolutions politiques en Guinée et en Côte d’Ivoire.
§  Les organisations parties prenantes de ce forum adressent leurs félicitations au peuple de Guinée et au Conseil National des Organisations de la Société Civile  pour leur implication et leur rôle prépondérant dans les récentes élections.
§  Elles manifestent leur soutien indéfectible au peuple de Côte d’Ivoire, pays confronté à une impasse post électorale et exigent que la véritable  volonté des ivoiriens soit respectée. Elles invitent la société civile ivoirienne à rester vigilante et solidaire et à toujours œuvrer pour l’intérêt général du pays.
§  Dans cette perspective, elles s’engagent à s’investir dans le suivi indépendant des politiques publiques et des stratégies de coopération et à tout mettre en œuvre pour contribuer à l’instauration de l’état de droit dans leurs pays respectifs.
Afin de vivre leur volonté commune de coopération et de partage, les organisations parties prenantes à ce forum décident de mettre en place un cadre formel de concertation entre les Organisations de la Société Civile pour échanger périodiquement sur leurs expériences et harmoniser leurs stratégies pour une contribution efficace et efficiente dans la gouvernance démocratique de leurs différents pays.

Les organisations parties prenantes à ce forum recommandent
1.   Aux hommes politiques africains : de tirer les leçons des cinquante années d’indépendance pendant lesquelles l’Afrique est demeurée sous développée, afin de changer radicalement les modes de gouvernance.

2.   Aux Organisations de la Société Civile africaine : d’assurer toujours et continuellement, leur rôle de veille, d’interpellation ainsi que de lobbying pour s’assurer de la prise en compte du bien-être des populations par les gouvernants.

3.   Aux partenaires au développement : d’accompagner les processus de développement en Afrique en inscrivant, au centre de leurs stratégies, les besoins et priorités des populations à la base tout en en veillant à l’implication des organisations de la Société Civile dans les processus d’élaboration et de mise en œuvre des politiques publiques de développement.

Fait à Conakry, le 11 Décembre 2010

Les participants

Forum des Sociétés Civiles

L’avènement de la démocratie en Guinée annonce une nouvelle période pour la société civile. Il est ainsi nécessaire pour le Conseil National des Organisations de la Société Civile Guinéenne de se retourner sur son histoire et de bâtir une nouvelle vision pour l’avenir.

Pour cela, le CNOSCG a décidé d’organiser un Forum des Sociétés Civiles, réunissant acteurs nationaux et internationaux autour des pratiques et expériences de chacun.

Une centaine de participants représentants les Conseils préfectoraux, communaux, régionaux des organisations de la société civile, ainsi que les réseaux nationaux affiliés se sont retrouvés du 9 au 11 décembre 2010 au Palais du Peuple, à Conakry, en compagnie d’une quinzaine de membres de la société civile algérienne, burundaise, camerounaise, congolaise, française, ivoirienne, marocaine, sénégalaise et togolaise.

Ce Forum a permis au CNOSCG de faire le point avec ses homologues de la sous-région et du Nord sur le rôle qu’il a joué dans les mutations sociales et politiques et face aux crises que la Guinée a connues durant ces dernières années, de mettre en exergue les réussites à son crédit, de montrer les limites de son action, les difficultés rencontrées. Cela a été ainsi l’occasion de lancer une réflexion sur le rôle des sociétés civiles dans les processus de démocratisation ainsi que dans les stratégies de sortie de crises.

Le Forum avait également pour objectif de réaffirmer l’importance de la démocratie au sein des organisations de la société civile pour légitimer leur discours et garantir leur crédibilité. Cette affirmation partagée avec des responsables des sociétés civiles d’Afrique et du Nord doit renforcer le processus démocratique engagé au sein du CNOSCG.

En termes de résultats, en plus de permettre le débat et les échanges entre les représentants du CNOSCG et d’autres sociétés civiles, le Forum a permis de préfigurer une stratégie du Conseil pour les cinq années à venir et d’élaborer une Charte Ethique destinée aux organisations membres du CNOSCG.

De plus, les participants ont rédigé une déclaration commune au terme du Forum, intitulée « Déclaration de Conakry ».

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